Pour diffusion immédiate: 16 mai 2011
 
Des tests de laboratoire révèlent la présence de métaux lourds toxiques dans des produits de maquillage utilisés tous les jours par les Canadiennes
 
Défense environnementale demande à Santé Canada d’améliorer et de réglementer les limites d’impuretés ainsi que d’imposer la divulgation de l’information sur les impuretés
 
TORONTO, ONTARIO – Selon un rapport publié aujourd’hui par Défense environnementale, des métaux lourds toxiques comme le plomb, l’arsenic et le cadmium ont été trouvés dans des cosmétiques que les Canadiennes appliquent chaque jour sur leur visage. Un test de laboratoire des produits contenus dans six trousses de maquillage de Canadiennes a montré que chacun des 49 produits testés était contaminé par des métaux lourds et certains contenaient des niveaux d’arsenic et de plomb beaucoup plus élevés que les limites recommandées par Santé Canada. Aucun des métaux n’était mentionné sur les étiquettes des produits.
 
« Les Canadiennes méritent de savoir ce que contiennent leurs cosmétiques, a déclaré Rick Smith, directeur général de Défense environnementale. Si on leur donnait le choix, nous croyons que la majorité des consommatrices n’appliquerait pas d’arsenic ou de plomb sur leurs lèvres et leur visage. » 

Les tests, qui ont été effectués par SGS Canada, ont établi que 100 % des produits testés contenaient du nickel, 96 % contenaient du plomb et 90 %, du béryllium.

Au moins un des produits testés contenait sept des huit métaux préoccupants (arsenic, cadmium, plomb, mercure, béryllium, nickel, sélénium et thallium).

Les produits contenaient en moyenne quatre des huit métaux préoccupants.

Les niveaux les plus élevés d’arsenic (70 ppm), de cadmium (3,0 ppm) et de plomb (110 ppm) ont tous été trouvés dans des brillants à lèvres, lesquels peuvent être ingérés.

Le brillant à lèvres Benetint de Benefit est le produit qui contenait le plus haut taux de plomb, soit 110 ppm ou 10 fois plus que la limite de 10 ppm fixée dans l’Ébauche de la politique sur les impuretés de métaux lourds contenus dans les cosmétiques de Santé Canada, et 20 fois plus que la limite de 3 ppm recommandée par Santé Canada.

Les métaux lourds sont des « impuretés » — des contaminants indirects qui se retrouvent dans les produits — et font donc moins l’objet de réglementation et d’obligation d’information que les ingrédients intentionnels. Santé Canada a rédigé une ébauche de lignes directrices pour certains niveaux d’impuretés de métaux qui sont, selon lui, « techniquement évitables » par les fabricants. Toutefois, une étude effectuée en 2009 par la Food and Drug Administration aux États-Unis sur 20 rouges à lèvres a révélé des niveaux d’impuretés de plomb de 1,07 ppm en moyenne, alors que l’ébauche de lignes directives du Canada fixe la limite pour les impuretés de plomb à 10 ppm, un taux qui est comparativement beaucoup plus élevé.
 
Les produits testés respectaient en grande partie l’ébauche de lignes directrices du Canada; cependant, les lignes directrices devraient rendre compte du fait que les niveaux plus bas de plomb sont de toute évidence « techniquement évitables ». En outre, les lignes directrices actuelles ne fixent des limites que pour cinq métaux lourds, alors que nos tests ont décelé des niveaux élevés d’autres impuretés de métaux lourds pour lesquelles aucune ébauche de limite n’a encore été établie.
 
« Le Canada doit améliorer les lignes directrices sur les impuretés dans les cosmétiques afin que celles-ci rendent mieux compte de ce qui est réellement faisable, puis les adopter sans tarder, a affirmé M. Smith, car elles sont sous forme d’ébauche depuis mars 2009. »
 
« Ça me rend malade de me rendre compte que ces produits chimiques et ces métaux se trouvent dans les produits dont j’enduis mon corps, a dit Meggin Dueckman, volontaire pour l’essai des cosmétiques. J’ai l’impression d’être une consommatrice prudente, et je préfère faire mes propres recherches sur les produits d’hygiène et de beauté avant de les acheter. Malgré tout, les produits de maquillage que j’ai choisis contiennent tous des ingrédients que j’éviterais. »
 
Mis ensemble, les métaux lourds peuvent s’accumuler dans le corps au fil du temps et on sait qu’ils peuvent causer divers problèmes de santé : cancer, troubles de la reproduction et du développement, troubles neurologiques, amnésie, sautes d’humeur, troubles nerveux et musculaires, troubles des articulations, troubles cardiovasculaires, musculo-squelettiques et sanguins, troubles du système immunitaire et rénopathies, maux de tête, vomissements, diarrhée, lésions pulmonaires, eczéma de contact, cheveux cassants et perte de cheveux. On soupçonne que de nombreux métaux lourds sont des perturbateurs du système endocrinien et des toxines respiratoires, et pour certains comme le plomb, il n’y a pas de taux sanguin sans danger connu.
 
« Ce qui nous préoccupe, ce n’est pas seulement qu’on trouve des métaux lourds dans le maquillage, mais que ces toxines se retrouvent dans les produits dont nous enduisons notre peau, dans l’air que nous respirons, dans l’eau et dans nos sources d’alimentation, et qu’elles s’additionnent et s’accumulent dans notre corps, explique M. Smith. Nous devrions donc chercher à atteindre les limites d’impuretés les plus basses possible. »
 
Certains fabricants de produits cosmétiques adoptent des colorants à base de plantes et délaissent les colorants dérivés du pétrole ou du goudron pour éviter que leurs produits ne soient contaminés par des métaux lourds. D’autres demandent à leurs fournisseurs de vérifier la présence de contaminants et d’utiliser les ingrédients les moins contaminés possible.
 
Un sommaire du rapport est disponible ici : https://environmentaldefence.ca/metaux-lourds
 
Le rapport au complet (en anglais seulement) est disponible ici : https://environmentaldefence.ca/heavy-metal-hazard
 
 
Au sujet de Défense environnementale (www.environmentaldefence.ca) : Défense environnementale est l’organisme d’action environnementale le plus efficace du Canada. Nous mettons au défi et inspirons les gouvernements, les entreprises et la population à apporter des changements qui assureront une vie plus respectueuse de l’environnement, plus saine et plus prospère pour tous.
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