Les Premières Nations, les syndicats, et les associations professionnelles et environnementales transmettent leur message à Ottawa – les pipelines et les pétroliers destructeurs ne sont pas dans l’intérêt du Canada
Ottawa, le 13 mars 2012 – Une délégation diverse de Colombie-Britannique composée des leaders des Premières Nations ainsi que des groupes professionnels, environnementalistes et syndicalistes est à Ottawa aujourd’hui pour diffuser un message : l’opposition au projet du pipeline et de pétroliers Enbridge Northern Gateway  augmente sans cesse.

La délégation a déclaré qu’il n’était pas question d’autoriser la poursuite du projet d’Enbridge, selon des déclarations des Premières Nations, sur la base de leurs droits et titre ancestral . Le projet proposé bafouera les droits des Premières Nations, mettrait en péril des milliers d’emplois à travers le Canada et empêcherait le Canada de lutter contre le changement climatique.
Depuis janvier, 40 nouveaux peuples et groupes des Premières Nations ont signé des déclarations qui condamnaient le projet sur la base de leurs propres lois constitutionnelles, ce qui porte le nombre des Nations opposées au projet au-delà de 130. Quatre importantes municipalités de C.-B. ont également adopté des résolutions contre le projet d’Enbridge, ajoutant à la résolution adoptée par l’Union des municipalités de la Colombie-Britannique  qui s’oppose aux bateaux-citernes. Par ailleurs, plus de 40 000 Canadiens ont signé une pétition d’opposition aux pipelines et aux pétroliers d’Enbridge depuis le 6 janvier, date à laquelle le gouvernement a lancé sa campagne de marginalisation des opposants. Pendant ce temps, le Syndicat canadien des communications, de l’énergie et du papier (SCEP), qui représente 150 000 travailleurs canadiens, y compris la plupart des travailleurs de l’industrie des sables bitumineux, s’est joint au mouvement d’opposition.
« Nous défendrons nos droits, quelles que soient les tactiques d’intimidation que le gouvernement fédéral emploie contre nous », a déclaré le Chef de la Première Nation Saik’uz, Jackie Thomas, de l’Alliance Yinka Dene. « Notre décision est prise : Enbridge ne sera jamais autorisé sur notre territoire. »
« Le Canada n’a pas besoin du pipeline Northern Gateway », a déclaré David Coles, président du Syndicat canadien des communications, de l’énergie et du papier. « Gateway va à l’encontre de nos besoins en matière d’emploi, à l’encontre de l’économie, de la protection de l’environnement et des droits des Premières Nations; ces quatre piliers doivent rester la priorité. »
Une étude récente estime qu’environ 200 000 emplois manufacturiers ont déjà disparu en raison du syndrome hollandais lié à l’augmentation rapide des exportations de sables bitumineux. Le problème ne va faire qu’empirer avec l’expansion des sables bitumineux. Par ailleurs, des milliers d’emplois sont mis en péril par les pipelines et les super-pétroliers d’Enbridge.
« La pêche commercial et les industries du tourisme emploient 45 000 personnes en C.-B. Enbridge et le gouvernement fédéral veulent mettre en péril ces emplois durables, les ressources des pêcheries, notre mode de vie et nos communautés pour à peine 217 emplois », a déclaré Arnie Nagy, de la United Fisherman’s and Allied Workers’ Union – CAW, qui s’oppose au pipeline et aux super-pétroliers d’Enbridge.
La délégation a rencontré des députés des trois partis d’opposition. Nagy et Michael Uehara, président de la King Pacific Lodge, et leader dans le secteur du tourisme, ont demandé à rencontrer les ministres Oliver et Kent, ce qui leur a été refusé. Ils ont cependant rencontré Randy Kemp, député, Secrétaire parlementaire du ministre de la pêche et des océans. La delegation comprenait un représentant de West Coast Environmental Law Association, de Vancouver.
Le Dr Rick Smith, Directeur exécutif de la Environmental Defence a déclaré : « Le projet proposé à Gateway – ou « passerelle » en français – est bel et bien une passerelle : une passerelle vers un avenir où nous détruirons nos côtes avec des super-pétroliers, où nous augmenterons radicalement la pollution engendrée par les sables bitumineux et où nous encouragerons les initiatives favorisant des niveaux dangereux de changement climatique. »
La délégation a fait état d’un nouveau rapport rédigé par Environmental Defence et ForestEthics intitulé Our Nation, Their Interest: The Case Against the Northern Gateway Pipeline and Tanker Project (Notre nation, leurs intérêts : les arguments contre le projet du pipeline et de pétroliers Northern Gateway). Ce rapport explique pourquoi le projet d’Enbridge n’est pas dans l’intérêt des Canadiens d’un point de vue économique et environnemental, malgré les efforts déployés par l’industrie et le gouvernement fédéral pour convaincre les citoyens du contraire. Il conclut que le pipeline transporterait, chaque année, 100 millions de tonnes de pollution au carbone, ce qui préfigurerait un scénario d’inaction dangereuse en matière de changement climatique. Le rapport est disponible en Anglais ainsi qu’un résumé du rapport en Français sur http://environmentaldefence.ca/reports/our-nation-their-interest
La délégation s’appuie sur de nouvelles preuves révélées dans le cadre de l’Accès à l’information faisant état du fait que des bureaucrates fédéraux ont alerté le gouvernement du risque légal accru découlant de son manquement à fournir des ressources adéquates aux Premières Nations afin qu’elles s’engagent dans un processus réglementaire concernant le projet Northern Gateway d’Enbridge.
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Pour obtenir plus d’informations ou organiser une entrevue, veuillez contacter :
Chef Jackie Thomas, Première Nation Saik’uz, Alliance Yinka Dene, (250) 567-8048
Stephanie Kohls, Environmental Defence, 416-323-9521 ext. 232; 647-280-9521 (cell); skohls@environmentaldefence.ca
Dave Coles, président, Syndicat canadien des communications, de l’énergie et du papier, 613.299.5628